Lire et Ecrire

Se rendant compte de la persistance de l’illettrisme malgré l’instruction obligatoire en Belgique, les mouvements ouvriers chrétiens et sociale ont décidé, en 1983, de créer Lire et Écrire.

Aujourd’hui, Lire et Écrire est structurée en régionales réparties sur l’ensemble du territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ces régionales sont coordonnées aux niveaux de la Région wallonne, de la Région de Bruxelles-Capitale et de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Histoire du mouvement Lire et Ecrire

L’acte de naissance de Lire et Écrire remonte au 8 septembre 1983, date de la première journée internationale de l’alphabétisation organisée en Belgique francophone. L’histoire de la formation des adultes commence, elle, bien avant : dès la fin du XIXe siècle dans le cadre de l’éducation populaire développée par les mouvements ouvriers, au début du XXe siècle dans le cadre de l’enseignement de promotion sociale, puis de l’armée. Mais l’histoire fondatrice de l’alphabétisation telle que nous la connaissons aujourd’hui commence dans les années 1960.

L’histoire récente de l’alphabétisation débute dans les années 60. À cette époque la Belgique fait un appel massif à la main d’œuvre immigrée, notamment marocaine. Diverses structures associatives (paroisses, syndicats, associations d’immigrés) créent des cours d’alphabétisation pour répondre aux besoins de ces travailleurs.

La plupart de ces cours, assumés alors exclusivement par des formateurs bénévoles, existent encore aujourd’hui. Le Cati, le Collectif Alpha, les Ateliers du Soleil, l’association Joseph Swinen à Bruxelles, Ta’Awun à Wavre, Accueil et Promotion des Immigrés à Charleroi…

À cette époque, la Belgique déclare officiellement qu’il n’y a plus d’analphabètes puisque la scolarité est obligatoire depuis 1914. Les formateurs de ces cours d’alpha pour immigrés n’imaginent d’ailleurs pas qu’il puisse y avoir des Belges analphabètes. Pourtant l’armée organise des classes d’alphabétisation pour les miliciens. Et de nombreux jeunes sortent de l’école sans diplôme ni qualification, venant grossir, au milieu des années 70, les files de chômage.

La création de Lire et Écrire

Au début des années 80, deux rapports indépendants, celui ATD Quart Monde et celui du Collectif Alpha dénoncent la persistance de l’analphabétisme   parmi la population belge et proposent des actions d’envergure.

Sur base de ces propositions, s’insurgeant contre un modèle de société qui produit l’exclusion et reste passive face à la persistance de l’analphabétisme  , quatre associations de formation continue et d’éducation permanente proches des mouvements ouvriers chrétien et socialiste – la Funoc à Charleroi, Canal Emploi à Liège, RTA à Namur et DEFIS à Bruxelles – décident de créer « Lire et Écrire ».

Le 8 septembre 1983, à l’occasion de la journée internationale de l’alphabétisation, Lire et Écrire lance une vaste campagne de sensibilisation « Lire et écrire : une chance ? Un droit ! ». Les nombreux appels reçus proviennent de personnes qui se proposent comme formateurs bénévoles, mais aussi de belges analphabètes. Nous avions réussi notre premier pari : montrer publiquement que l’analphabétisme   existait chez nous aussi et n’était pas exclusivement une problématique du tiers monde.

Nous écrivions alors « l’objectif central de Lire et Écrire est de passer du stade confidentiel qu’a connu l’alphabétisation au cours de ces quinze dernières années à une situation ou tout adulte qui le souhaite puisse trouver un cours d’alphabétisation adapté à sa demande en un lieu qui lui soit géographiquement et socio­culturellement accessible ».

Au XXIe siècle

En 2001, l’alphabétisation des adultes devenait une priorité des autorités de Belgique francophone et, en 2005, elles se dotaient d’un comité de pilotage sur l’alphabétisation des adultes et d’une conférence interministérielle sur les politiques d’alphabétisation.

En 2007, la fédération des différentes associations composant Lire et Écrire est reconnue comme mouvement d’Éducation permanente par la Communauté française de Belgique.

Le 8 septembre 2013, après trente ans d’existence, nous constatons une importante évolution de l’offre d’alphabétisation. De quelque 500 apprenants participant aux actions développées par une vingtaine d’associations en 1983, nous sommes passés à plus de 16 000 apprenants prenant part aujourd’hui aux actions menées par plus de 160 opérateurs.

L’objectif du 8 septembre 1983 est-il pour autant atteint aujourd’hui ? Non. Si le secteur s’est professionnalisé et si la question de l’analphabétisme   est mieux prise en compte par les autorités publiques, de nombreuses personnes ne peuvent toujours pas participer aux actions d’alphabétisation du fait d’une offre insuffisante et non adaptée à leurs besoins (trop éloignées de leur domicile, ouvertes uniquement aux demandeurs d’emploi, n’offrant pas de possibilités de garde pour les enfants en bas âge, etc.)

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